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EDITO René
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10.10.25 > 12.10.25
Bois-de-Villers

WOKE !CANCELCULTURE?

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Une réflexion  de René Georges, chineur de spectacles - 5 janvier 2024

DÉFENDONS LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET CULTIVONS NOTRE POUVOIR D’ESPOIR… Quelle utilité y a-t-il à organiser un festival pluridisciplinaire face à la cancel culture qui se répand ? Culture de l'interpellation, culture de la dénonciation, culture de l'humiliation publique ou bien culture de l'annulation et du rééquilibrage. Il n'existe pas de traduction française de la "cancel culture". Pourtant, des États-Unis à l'Australie, en passant par l'Inde ou les pays du Golfe, l’occurrence "cancel culture" est une des expressions les plus utilisées dans les médias anglophones de l'année 2019. Le prestigieux dictionnaire Macquarie, référence en langue anglaise australienne, en a même fait son mot de l'année 2019. Durant toute la dernière décennie, la pratique de la "cancel culture" a animé de multiples débats dans la plupart des pays anglophones : quel est son objectif, est-ce que cela fonctionne et laisse des traces, est-ce que cette culture du "cancel" ne va pas trop loin ? « Pendant ce temps-là, en France, on en est au balbutiement d'un concept dont la pratique est pourtant déjà bien implantée », note Cécile de Kervasdoué dans un article sur France Culture, le 20 janvier 2020. Vers quoi allons-nous ? Une vision plus positive et représentative de la société où certain.e.s préfèrent d'ailleurs traduire "cancel culture" par le terme annulation et surtout remplacement, rééquilibrage ? N’est-ce pas plutôt une tendance de fond qui masque une régression de la liberté d’expression, de l’acceptation du débat au prétexte de cette idéologie qu’on appelle WOKE, voire Cancel Culture? Ce « gloubi-boulga » sans aucune consistance est dangereux parce qu’il réintroduit le concept de race, il met les gens dans des cases en fonction de la couleur, l’origine, la religion, les convictions. C’est un nouveau dogmatisme réactionnaire inquiétant en germe, porteur de conflits, d’un nouvel antisémitisme, on le voit aux États-Unis. Et c’est l’inverse de l’universalisme qui se produit écrit Richard Malka, l’avocat de « Charlie Hebdo ». Et pour lui, il y a une rupture générationnelle qui s'opère. Mais même chez les jeunes, il n’y a pas que des wokes. Il y a ceux qui font le plus de bruit, des jeunes bourgeois urbains en général plutôt privilégiés. Je ne suis pas sûr qu’ils soient majoritaires. Ce sont les nouveaux gardes rouges, les enfants de l'ultra-libéralisme. Je crains que ces gens-là deviennent les pires réactionnaires qu’on n’ait jamais vus. Il faut le souligner, un Coluche qui enfonce toutes les portes ouvertes sur scène ou dans les médias par pure provocation ou liberté d’expression n'est plus possible aujourd'hui, Edward Baer nous fait des textes bisounours et nous parle d'une utopie de conte de fée, et les Monthy Python seraient tout simplement censurés de nos jours. Résultat, la culture, l'art ressemble de plus en plus à une photo Instagram d'un plat inodore issu d'une recette de cuisine apprise dans une émission de téléréalité. Un plat fade qui met tout le monde au repos. Du « Gloubi-boulga »... Que donne la révolution culturelle 50 ans plus tard ? La société la plus sauvagement capitaliste, réactionnaire et inégalitaire du monde. Inviter le public à (ré)agir sur le futur du monde : Une voie sans issue se profile à l’horizon semble dire l’oracle, qui nécessite des réajustements de la pensée, mais aussi une totale remise en question de l’esprit et de l’approche de la connaissance, afin d’évoluer vers d’autres chemins. Une autre humanité est à construire. Mais comment faire pour entrer dans cette prise de conscience d’un destin partagé ? Quelle histoire raconter ? Quelle (r)évolution de la pensée et de la connaissance engager vis-à-vis du monde globalisé et ostracisé ? Quels outils déployer, quel savoir-être enclencher pour être utile à ce monde en totale mutation, voire en déliquescence ? Quelle transmission à l’attention des générations futures ? Voilà les questions qui alimentent d’une manière fondamentale la philosophie de l’ASBL « DÉCOUVREZ-VOUS ¡ » et notre 6ème édition du festival les 10, 11, 12 octobre 2025. Pour moi la culture et l’art cherchent à toucher le « fondement » et « la lumière » de chaque individu, afin d’établir des connexions avec ses semblables et les aider à se réaliser. Edgar Morin, sociologue et philosophe, nous suggère, à nous Homo sapiens, de ne plus chercher à dominer la terre, mais à la ménager et à l’aménager. Sans doute la seule manière de rendre la terre durable, la rendre paisible, pour se sentir enfin solidaire de cette planète qui conditionne notre vie. La réponse devrait être là. Rien de plus. « Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut désormais énoncer », ajoute Edgard Morin. On répète que la réalité est dure et que les faits sont têtus. De nos jours, la politique devient la gestion de ce qui nous arrive plutôt que la production de phénomènes nouveaux. Sur ce point, l’ASBL DÉCOUVREZ-VOUS ¡ , même en tant que modeste organisation, a un rôle important à jouer, particulièrement dans l'expérimentation des phénomènes nouveaux… Son travail repose sur sa capacité à toujours espérer dans la construction d’un tout autre monde. Cette vision transversale du monde est aujourd’hui plus que nécessaire, elle est une valeur ajoutée dans le processus d'émancipation individuelle et collective. Et l’art et les artistes participent à la construction d’une nouvelle utopie, ils créent d’abord et rappellent ensuite qu’il ne faut pas arrêter de croire en l’utopie. Ils l'écrivent, la formulent, bref, ils expérimentent cette question de l'utopie sous toutes ses formes et langages. À DÉCOUVREZ-VOUS ¡, l'expérimentation est au centre de tout et doit s'appuyer sur une connaissance transversale de l'homme et de la société et ne pas ignorer les obstacles du temps présent. Si l'utopie a un sens dans toute démarche artistique et/ou culturelle et dans la vie en général, ce n'est pas simplement pour prophétiser que, dans un horizon lointain, se dessine la possibilité d'un monde radieux, mais pour inviter à regarder dans le monde actuel, ce qui est en cours de réalisation. La multiplication des passerelles proposées au sein des projets portés par l'ASBL jusqu’en 2028, entre les champs journalistiques, universitaires, artistiques, culturels, et mouvements citoyens ou associatifs, notamment, pourraient nous y aider. Les valeurs portées par l'ASBL vont dans ce sens. Elles intègrent cette idée d'utopie tout en revendiquant un esprit citoyen, créatif, intergénérationnel et participatif, sans oublier le sens vrai de la fête. Car toute vie mérite d'être fêtée. DÉCOUVREZ-VOUS ¡ ressemble à un rituel tribal d'un nouvel âge, incarné ou désincarné, penseront certains, qui grâce au ciment du théâtre, de la musique et de l'expression artistique au sens large, permet d'englober au passage une certaine idée ou approche de la "politique" et de la citoyenneté. Cela passe par des outils pragmatiques : démarches artistiques transversales et/ou culturelles, espaces de sensibilisation et d'éducation permanentes où : l'audace, la créativité, l'imagination, la prise de conscience sur les enjeux de la modernité, la réaction et l'engagement, la mobilisation des réseaux et expressions, la mutualisation des moyens et savoirs, amènent à des alternatives citoyennes de réflexions, d'expressions, d'analyses, et d'actions immédiates à appliquer à notre quotidien. Il est important pour moi de renforcer au cœur de l'ASBL cet état d'esprit ou d'éveil qui entretient l'utopie dans la tête et le cœur des gens. Notre festival vise ces objectifs, ils ne se limitent pas à l'axe culturel, et s'inscrivent dans un cadre sociétal général plus large où les actions sociales, les animations artistiques, la mobilité, le tourisme et l'économie locale, tout comme la mutualisation de forces en présence, contribuent à la construction d'une société nouvelle. Un travail énorme à faire et à refaire qui reste fragile. Notre futur passera par une éthique du sens partagé, précise Edgar Morin, un devoir de mémoire et de transmission, puis d'échange pour que l'espace collectif de la pensée franchisse les frontières du possible, voilà le cap à franchir… Croire en l'utopie, c’encore et toujours, faire en sorte que ce mot devienne une réalité et qu'il soit le grand laboratoire de réflexion et d'action de ce XXIe siècle, laboratoire humain avant tout, sensible aux questionnements des femmes, des hommes et du Vivant et aux grandes évolutions de notre société. Inviter le public à (ré)agir sur le futur du monde, le leur qui est aussi le nôtre, et énoncer cette nouvelle utopie, voilà la piste de réflexion pour notre 6ème édition 2025. Je crois que l'utopie est concrète. La réponse se trouve dans cette force de proposition. Pour conclure, DÉCOUVREZ-VOUS ¡ n'est pas non plus un dream land de travailleurs toujours souriants ou la contrée des bisounours. C'est complexe. Sauvage parfois. C'est vivant. Rien de plus. C'est oser croire en l'espoir pour rouvrir des possibles. Cette posture fait que tout le monde mord sur sa chique et met son égo de côté pour avancer ensemble. Et pour l'ensemble des responsables, bénévolement. Et puis ça ne réussit pas toujours DÉCOUVREZ-VOUS ¡ C'est ça aussi qui rend le projet si humain et humble à la fois. Le rêve ultime serait d'être d'utilité publique. Non. Plus simple : d'être utile. Rien de plus. L'utilité n'est pas une question propre à une génération plus qu'à une autre, mais une question d'imagination collective. Et la place de l'art y est essentielle. Cela, même si nous sommes au final une poignée seulement d'irréductibles de tous poils et tous âges ayant conscience de la nécessité de prendre du recul et de méditer sur ce que nous faisons ou provoquons culturellement et dans nos vies respectives. À (re)prendre conscience, oui, mais du peu d'importance que nous produisons face à l'immensité de l'univers. L'indicible est la règle. La non-réponse est tout. La transmission peut-être est dans cette non-réponse ? Sans parler du reste, la vie, la mort, la barbarie qui est hélas une réalité. Tout est ou semble voué à disparaître mais pour se réenchanter quelque part souffle à nos oreilles l'oracle… Où, comment et par qui ? Là est la question. Malgré ce silence abyssal du labyrinthe du temps, il nous faut toujours continuer. À écrire, À chanter, À danser, À dire, À piailler devant nos semblables, Comme les oiseaux, Comme je le fais en ce moment, Envers et contre tout. En avant. Vers cette autre possibilité. René Georges, codirecteur artistique de DÉCOUVREZ-VOUS ¡

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